Type A ou type B pour un onduleur solaire ?
Le choix du disjoncteur différentiel d’un onduleur photovoltaïque dépend de la nature des courants de défaut que l’appareil peut produire. Un modèle string sans batterie, un micro-onduleur et un système hybride ne présentent pas exactement les mêmes risques côté alternatif. Le type de différentiel, sa sensibilité et son calibre doivent donc être lus ensemble.
Dans la plupart des installations résidentielles, le type A constitue le point de départ. Le type B devient nécessaire lorsqu’une composante continue lisse peut remonter vers le réseau, notamment avec certaines architectures de stockage sans isolation galvanique. Le type F et le type AC répondent à des situations plus ciblées, précisées par la fiche technique de l’onduleur.

CE QUE L’ON CROIT
Un type unique pour tous
Le raccordement au tableau semble imposer la même protection dans chaque cas. Cette approche oublie pourtant la technologie de conversion, l’isolation entre les parties continues et alternatives, ainsi que la présence éventuelle d’une batterie.
CE QUE DISENT LES FAITS
La technologie tranche le choix
Le type A convient généralement aux onduleurs photovoltaïques sans stockage. Le type B s’impose si un défaut continu lisse peut atteindre le circuit AC. La notice du fabricant indique la catégorie exigée et peut recommander un type F.
Comparer les architectures et les protections
Deux installations de puissance identique peuvent exiger des différentiels différents. L’architecture interne de l’onduleur, la séparation galvanique et le sens possible d’un courant de défaut comptent davantage que le seul nombre de panneaux. Ces distinctions permettent d’écarter les choix trop généraux.
Les cas suivants opposent d’abord l’onduleur sans stockage au système hybride, puis une conversion isolée à une architecture sans transformateur. Le dernier diptyque rappelle la situation particulière des micro-onduleurs, raccordés directement en alternatif sous les modules.
INSTALLATION SANS STOCKAGE
Le type A reste généralement adapté
Pour un onduleur PV sans batterie, le courant de défaut issu du champ continu n’est normalement pas destiné à circuler côté alternatif. Un différentiel type A 30 mA est donc le choix courant, sous réserve des prescriptions propres à l’appareil.
SYSTÈME AVEC STOCKAGE
Le type B peut devenir requis
Une batterie raccordée à un onduleur hybride peut injecter une composante continue lisse vers l’AC en cas de défaut. Si l’architecture ne l’empêche pas par isolation, un DDR type B est nécessaire pour assurer la détection attendue.
CONVERSION ISOLÉE
Une protection AC plus simple
Un transformateur assure une séparation galvanique entre DC et AC. Dans ce cas précis, un type AC peut parfois être admis si la documentation le confirme, mais le type A demeure souvent retenu pour les équipements électroniques modernes.
ARCHITECTURE TRANSFORMERLESS
La composante continue est déterminante
Sans isolation galvanique, le risque de courant continu lisse côté alternatif doit être traité. Pour le stockage, cette configuration conduit souvent au type B. La valeur exacte dépend toutefois des mesures internes et des instructions du constructeur.
MICRO-ONDULEURS
Un circuit alternatif dédié
Chaque micro-onduleur transforme l’énergie au plus près du panneau. Le coffret DC disparaît généralement, mais la ligne AC doit rester protégée par un disjoncteur et un différentiel adaptés au courant total et aux consignes du fabricant.
CHOIX VALIDÉ PAR LA NOTICE
Le fabricant fixe la compatibilité
Certains micro-onduleurs autorisent un type A, parfois avec une protection 30 mA commune. Une isolation galvanique peut rendre le type AC possible, mais cette exception ne doit jamais être déduite de la seule présence d’un raccordement monophasé.
Quel type de différentiel selon l’architecture de l’onduleur
La technologie de l’onduleur doit être vérifiée avant de choisir le DDR. Un appareil sans batterie ne se traite pas comme un chargeur bidirectionnel, et la mention « sans transformateur » ne suffit pas toujours à elle seule pour conclure. La notice précise généralement le type autorisé, l’obligation d’un dispositif dédié et les éventuelles conditions de raccordement.
Le différentiel protège contre les défauts d’isolement, tandis que le disjoncteur protège aussi la ligne contre les surintensités. Ces deux fonctions peuvent être réunies dans un disjoncteur différentiel, mais leur dimensionnement reste distinct. Le calibre doit suivre le courant alternatif maximal et la section des conducteurs.
Quel type de différentiel pour un onduleur sans batterie
Le type A est généralement le minimum retenu pour un onduleur photovoltaïque sans stockage. Il détecte le courant alternatif et les courants redressés pulsés produits par l’électronique de puissance. Le type AC, limité au courant alternatif sinusoïdal, n’est envisageable que si l’isolation galvanique DC/AC et la notice l’autorisent explicitement.
Un onduleur hybride impose-t-il un différentiel spécifique ?
Pas systématiquement, mais la batterie change l’analyse. Un onduleur hybride doté d’une séparation adaptée peut rester compatible avec un type A. Si un défaut continu lisse peut remonter sur la sortie AC, le constructeur impose souvent un type B, notamment dans une architecture transformerless.
Quel type de différentiel pour un onduleur avec batterie
Le type B couvre les courants AC, redressés et continus lisses, jusqu’aux fréquences prévues par sa catégorie, généralement jusqu’à 1 kHz. Il est particulièrement concerné lorsque la batterie peut contribuer à un défaut côté alternatif. La référence exacte doit rester celle de la fiche technique.
Peut-on installer un différentiel classique avec un micro-onduleur ?
Un micro-onduleur peut être raccordé sur un circuit AC dédié protégé par un type A, souvent en 30 mA dans le résidentiel. Le nombre d’appareils, le courant cumulé et les recommandations du fabricant déterminent le disjoncteur de ligne. Le type AC n’est acceptable que dans le cas documenté d’une isolation galvanique.
Faut-il un différentiel 30 mA ou 300 mA pour un onduleur ?
Dans une installation domestique, le 30 mA est la sensibilité généralement associée à la protection des personnes sur le circuit AC de l’onduleur. Il ne faut pas le confondre avec le seuil de détection de la composante continue, qui relève du type A, F ou B. Un 300 mA peut apparaître dans certains coffrets ou schémas de sélectivité, mais il ne remplace pas automatiquement une protection 30 mA adaptée aux personnes.
La sélectivité avec le disjoncteur de branchement, parfois temporisé de type S à 500 mA, se raisonne à l’échelle de toute l’installation. Le différentiel placé sur la ligne photovoltaïque doit conserver la sensibilité et le type prévus par le fabricant, les règles de l’installation et le schéma validé.
Comment choisir le calibre du différentiel selon la puissance
Le calibre se choisit à partir du courant AC maximal de l’onduleur, de la tension, du mode monophasé ou triphasé et de la section des conducteurs. À titre indicatif, 3 kW sous 230 V représentent environ 13 A, tandis que 5 kW représentent environ 22 A. Le disjoncteur doit protéger le câble et rester compatible avec les appels de courant, pas seulement avec la puissance nominale.
Le bon différentiel est celui qui détecte les défauts réellement possibles sans neutraliser la protection par des déclenchements inadaptés, et non celui qui paraît le plus polyvalent sur l’étiquette.
GUIDE UTE 15-712-1 ET CONCEPTION DE TERRAIN
Comment savoir si mon onduleur nécessite un différentiel dédié ?
La présence d’un circuit dédié facilite l’isolement, la maintenance et le contrôle de l’installation. Pour une production raccordée au tableau, la ligne AC de l’onduleur doit être protégée contre les surintensités et les défauts d’isolement. Le coffret peut aussi recevoir un sectionneur et, selon le site, un parafoudre.
La vérification ne s’arrête pas au type. Il faut relever le courant maximal, le nombre de pôles, la tension, la sensibilité, la compatibilité avec un réseau TT et les conditions de raccordement. En cas de batterie, le schéma de liaison entre le convertisseur et le stockage est déterminant.
Comment vérifier la compatibilité avec la fiche technique de l’onduleur
Recherchez les rubriques consacrées au RCD, au DDR, au courant résiduel maximal ou à la protection externe. Une indication comme « type A 30 mA » doit être respectée telle quelle. Une mention « type B obligatoire » ne peut pas être remplacée par un type F sans validation écrite du fabricant.
Ce que demandent la NF C 15-100 et le guide UTE 15-712-1
La NF C 15-100-1, notamment au paragraphe 531.3.3, encadre le choix des dispositifs différentiels avec les normes IEC associées. Le guide UTE-C15712-1 précise les principes propres aux installations photovoltaïques. Les références européennes et allemandes, comme les séries CEI 60364 et DIN VDE 0100, peuvent compléter l’analyse, sans remplacer les prescriptions françaises applicables.
Identifier l’architecture complète
Notez la présence d’une batterie, d’un transformateur, de micro-onduleurs et le type de réseau. Cette étape permet de repérer immédiatement les situations pouvant produire une composante continue côté alternatif.
Lire la rubrique RCD
Dans la notice, cherchez les termes RCD, DDR, residual current ou protection externe. Conservez la référence exacte du type demandé, car une catégorie voisine n’offre pas forcément la même détection.
Dimensionner la ligne AC
Calculez le courant maximal à partir de la puissance et de la tension, puis vérifiez la section, la longueur et le mode de pose. Le calibre du disjoncteur doit d’abord protéger le câble contre l’échauffement.
Contrôler le seuil de déclenchement
Pour un logement, vérifiez la présence du 30 mA sur le circuit concerné. Un 300 mA peut participer à la sélectivité ou à la protection matérielle, mais ne doit pas être confondu avec la protection des personnes.
Faire valider le schéma final
Comparez le coffret installé au schéma de conception et aux prescriptions françaises applicables. Une validation par un professionnel qualifié limite les déclenchements intempestifs et les écarts relevés lors du contrôle.
Pour un onduleur photovoltaïque sans batterie, le type A 30 mA est généralement la base, tandis que le type B devient la référence lorsque le stockage ou une architecture sans isolation peut laisser circuler un courant continu lisse côté AC. Le type F reste une option recommandée par certains fabricants, et le type AC une exception documentée. Le calibre du disjoncteur se déduit ensuite du courant maximal, du câble et de la notice, jamais de la puissance des panneaux seule.


